La prévoyance professionnelle en Suisse est en constante mutation. Les entreprises et les caisses de pension sont confrontées au défi d'adapter régulièrement leurs solutions de prévoyance à l'évolution des conditions cadres et aux besoins changeant de leurs collaborateurs. Un thème central est de trouver le bon équilibre entre l’attractivité, la flexibilité et la durabilité des prestations proposées.
Dans la pratique, on constate qu’en Suisse le plan de pension à primauté des cotisations reste le type de plan dominant. Dans ce type de plan, un pourcentage fixe du salaire est versé sur un avoir de vieillesse individuel qui s’accumule tout au long de la carrière professionnelle de l’assuré. À l’âge de la retraite, cet avoir peut ensuite être converti en une rente viagère. Ces dernières années, cependant, les plans dits « 1e » ont gagné en importance. Ils permettent aux assurés de choisir parmi différentes stratégies d'investissement et ainsi de personnaliser davantage leur prévoyance. Si ces plans offrent une plus grande liberté de décision, les assurés supportent également eux-mêmes le risque d'investissement.
Une autre tendance est la flexibilisation croissante des échelles de cotisation. Presque toutes les entreprises offrent à leurs employés la possibilité de choisir entre différents niveaux de cotisation d'épargne. Cela permet de mieux tenir compte des situations personnelles et des possibilités financières de chacun durant la carrière. L’option permettant d’effectuer des rachats fiscalement avantageux grâce à des cotisations d’épargne plus élevées et de renforcer ainsi de manière ciblée sa propre prévoyance vieillesse est particulièrement intéressante. En outre, de nombreux plans de prévoyance permettent d’adhérer à la prévoyance professionnelle avant l’âge minimum légal de 25 ans.
La définition du salaire assuré est un autre aspect important. Outre le salaire de base, de nombreuses entreprises prennent également en compte, en tout ou en partie, des éléments de rémunération variables dans le salaire pris en compte pour la prévoyance vieillesse. La déduction dite de coordination, qui est déduite du salaire concerné, varie selon les entreprises et a un impact notable sur le montant du salaire assuré, en particulier pour les employés à bas salaire. La plupart des entreprises assurent d'ailleurs jusqu'au salaire maximal légalement pris en compte, ce qui permet de couvrir intégralement les revenus plus élevés.
Le travail à temps partiel est aujourd’hui très répandu dans le monde du travail. De nombreuses caisses de pension ajustent la déduction de coordination en cas d'emploi à temps partiel afin d'éviter toute discrimination. Néanmoins, la déduction maximale reste souvent inchangée pour les salaires plus élevés, ce qui peut entraîner certaines inégalités.
La rémunération des avoirs de vieillesse est un élément central pour la constitution d'un patrimoine à long terme. L'étude WTW SLI® Pension Benchmarking 2025 montre que la rémunération des avoirs de vieillesse varie fortement d'une année à l'autre et d'une caisse de pension à l'autre. Au cours des cinq dernières années, elle s'est élevée en moyenne à environ 4 %, soit nettement au-dessus du taux d'intérêt minimal légal. Sur une longue période, cela conduit à un effet d'intérêts composés considérable et donc à une augmentation sensible des avoirs de vieillesse.
Il existe également des différences parfois considérables entre les entreprises en matière de prestations d'invalidité et de prestations de survivants par suite du décès. Alors que le montant des rentes d'invalidité assurées est resté stable en moyenne, les prestations en cas de décès varient considérablement, notamment en raison de versements supplémentaires en capital. Cela peut jouer un rôle important pour la sécurité financière des survivants.
En Suisse, le financement des plans de prévoyance est en principe paritaire, c'est-à-dire que l'employeur et l'employé versent des cotisations d'un montant au moins égal. Dans la pratique, cependant, il existe de grandes différences : certaines entreprises versent des cotisations jusqu'à trois fois plus élevées que d'autres. En moyenne, les employeurs prennent en charge une grande partie des cotisations d'épargne et de risque, ce qui rend les plans de prévoyance encore plus attractifs.
Les taux de conversion utilisés pour convertir l'avoir de vieillesse épargné en une rente payable à vie font l'objet de nombreuses discussions. Après une phase de baisse, les taux de conversion se sont stabilisés ces dernières années, mais les différences entre les différentes caisses de pension restent importantes. La plupart des caisses ne font plus de distinction entre les sexes. Seules quelques caisses offrent la possibilité de choisir individuellement le montant de la rente de partenaire à la retraite.
Dans l'ensemble, il apparaît que les entreprises suisses offrent à leurs employés des solutions de prévoyance généreuses et flexibles qui vont bien au-delà des exigences légales minimales. Néanmoins, la communication reste un sujet central : de nombreux assurés ne disposent que de connaissances de base sur leurs prestations de prévoyance. Il est donc essentiel de fournir des informations ciblées et compréhensibles afin que les employés puissent reconnaître les avantages de leur solution de prévoyance et en tirer le meilleur parti.

