En 2025, les prestations moyennes par bénéficiaire augmentent de +4,9% par rapport à l’année 2024.
Cette évolution annuelle masque toutefois des dynamiques mensuelles différentes :
- Des hausses marquées en septembre et en décembre, proches de +9%
- Un mois de février stable, sans évolution notable entre les deux exercices
Toutes les familles d’actes évoluent à la hausse en 2025.
Les progressions les plus significatives concernent l’hospitalisation, les consultations et visites, la médecine courante et la pharmacie, avec des augmentations comprises entre +6% et +8%.
À l’inverse, les évolutions sont plus contenues, autour de +3%, pour le dentaire, l’optique et les autres postes.
Les niveaux de dérive observés depuis trois ans restent élevés ; +4,5% en 2023, +5,3% en 2024 et +4,9% en 2025.
Cette tendance s’explique par la combinaison de deux facteurs majeurs :
- Une dérive organique (modifications des pratiques et de l'innovation médicales, évolution de l’âge moyen des bénéficiaires)
- Des évolutions réglementaires structurantes, notamment des désengagements de la Sécurité sociale et des revalorisations issues des renégociations de conventions médicales
Analyse par familles d’actes
Hospitalisation (+8%)
La hausse du remboursement moyen par bénéficiaire en 2025 pour cette famille d’actes s’explique principalement par l’augmentation du remboursement moyen par acte, notamment sur les honoraires ainsi que par une hausse notamment guidée par l'augmentation des tarifs à l'hôpital.
Consultations et visites (+6%)
Cette évolution résulte directement des mesures entrées en vigueur le 22 décembre 2024, parmi lesquelles :
- La requalification des consultations de médecine générale réalisées par des spécialistes (consultations de suivi, renouvellement, recours non technique) en consultations de généralistes
- La prise en charge des consultations de médecine courante de spécialistes comme des consultations de généralistes et non plus comme des consultations de spécialistes
Ces changements ont entraîné une hausse du remboursement par acte, une augmentation de la fréquence pour les généralistes et, à l’inverse, une baisse de la fréquence pour les spécialistes.
Médecine courante - hors consultations (+6%)
La dérive pour cette famille d’actes est particulièrement marquée, à la fois en montant remboursé et en fréquence de consommation, notamment pour les auxiliaires médicaux, plus précisément les kinésithérapeutes et les sages-femmes.
Pharmacie (+6%)
Cette évolution est portée par une hausse du remboursement moyen par acte proche de +9%, en lien notamment avec la mise en marché de médicaments innovants et coûteux ainsi que la revue du calendrier vacccinal
- La vaccination des nourrissons contre les méningocoques
- L’extension de la vaccination contre le papillomavirus humain chez les adolescents
Dentaire (+3%)
Cette progression est principalement liée à la revalorisation des examens bucco-dentaires ainsi qu’à une augmentation de la fréquence en orthodontie, observée à des âges de plus en plus précoces.
Optique (+3%)
L’évolution pour cette famille d’actes s’explique principalement par une hausse de +3% de la fréquence de consommation des équipements (montures et verres) et de +5% pour les lentilles.
Perspectives 2026 et impacts réglementaires
L’évolution globale de +4,9% en 2025, mesurée à fin février 2026, est donc le résultat combiné d’une dérive organique durable et d’évolutions réglementaires successives.
L’année 2026 sera à son tour impactée par plusieurs mesures mises en application courant de l’année 2025 et 2026, parmi lesquelles :
- La poursuite des revalorisations de bases de remboursement pour certains spécialistes et les kinésithérapeutes (janvier 2026)
- L'extention de la prise en charge des verres freinant la myopie chez l'enfant (Sécurité sociale et complémentaires santé)
- L’extension du dispositif 100% santé aux fauteuils roulants (décembre 2025)
- La refonte et la revalorisation du forfait médecin traitant (FMT)
- L’évolution de la tarification nationale journalière des prestations (TNJP) et la hausse hausse des forfaits hospitaliers (ex forfait journalier passant de 20€ à 23€)
Sur la base de ces paramètres, et selon nos estimations réalisées sur le portefeuille WTW (environ 2 millions de bénéficiaires), la dérive projetée pour 2026 pourrait atteindre +5,1%.
Et sur le long terme ?
L’analyse des évolutions de consommation médicale de 2018 à 2025, complétée par l’estimation théorique pour 2026, met en évidence une dérive moyenne globale de l’ordre de +3,8% par an sur la période et une moyenne de +5,1% entre 2023 et 2026.
Cette accélération observée depuis 2023 est directement liée à la multiplication des évolutions réglementaires et conventionnelles impactantes pour les régimes frais de santé.
Dans le même temps, le plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS) a progressé en moyenne de +2,4% entre 2018 et 2026.
Pour les contrats indexés sur le PASS, la seule revalorisation de ce plafond ne suffit désormais plus à compenser la dérive des prestations, créant un déséquilibre croissant des régimes frais de santé.